Le lieutenant-colonel Al-Omrani démystifie le mythe de la « guerre ethnique » au Mali

L’émergence du commandant Al-Omrani, un Arabe du Mali, à la tête de la lutte contre les combattants de « Nasra al-Islam wa al-Muslimin » met en lumière une réalité souvent négligée : l’armée malienne n’est pas une formation exclusivement sudiste combattant le Nord, mais elle compte des centaines d’Arabes et de Touaregs ; certains y servent depuis le début, d’autres ont été intégrés en vertu des accords de paix, et d’autres encore se sont engagés en tant que citoyens ou volontaires, parmi lesquels des membres de « Gatia » et de factions arabes fidèles à Bamako. Ces derniers ont pris part aux combats les plus intenses contre les mouvements azawadiens, bien qu’un certain nombre d’entre eux se soient désolidarisés au cours des précédentes vagues de combats.

En revanche, l’Azawad n’est ni une ethnie ni une race, mais un espace géographique et une identité politique et sociale aux composantes multiples, regroupant les Touaregs et les Arabes, ainsi que les communautés peules, les Fulani et d’autres groupes parfois classés comme « du Sud », mais qui font partie intégrante de la population du nord du Mali.

C’est pourquoi cette guerre ne se résume pas à un affrontement ethnique entre le Nord et le Sud ; il s’agit également d’un conflit politique portant sur le pouvoir, l’identité et le statut, ainsi que d’une division entre les partisans de Bamako et ceux qui réclament l’indépendance ou l’autonomie.

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